Bien choisir la puissance idéale pour son scooter électrique

Les trottinettes électriques débarquent en force sur les trottoirs français : maniables, économiques à l’usage, silencieuses et respectueuses de l’air que l’on respire, elles offrent surtout une échappatoire bienvenue face aux bouchons et ouvrent la porte à une nouvelle façon d’explorer la ville.

Du côté des scooters électriques, le choix s’élargit et il n’est plus question d’attendre la fin de gamme pour trouver le modèle qui colle vraiment à vos besoins. Passons en revue les éléments à prendre en compte pour choisir sans se tromper.

Autonomie d’un scooter électrique

Les scooters électriques s’intègrent parfaitement dans les trajets quotidiens domicile-travail. En France, la distance moyenne parcourue pour se rendre au travail est de moins de 8 km, selon une étude de l’INSEE. Longtemps, l’autonomie a été un frein à l’adoption du scooter électrique.

L’autonomie réelle dépend de plusieurs paramètres qu’il vaut mieux anticiper :

  • Le poids du scooter
  • La capacité de la batterie
  • Les performances du contrôleur
  • La puissance du moteur
  • Le poids du conducteur
  • La manière de conduire
  • Le relief rencontré
  • L’entretien et la gestion de la batterie

Dans la pratique, un scooter électrique équivalent 50 cm³ sans permis peut parcourir environ 60 kilomètres sur une seule charge. Les chiffres fournis par les constructeurs sont souvent optimistes : ils s’appuient sur des conditions idéales, ligne droite, 20 km/h, pas de freinages, température stable à 25°C, conducteur léger… Pour avoir une idée plus fidèle, il est judicieux de réduire l’autonomie annoncée par le fabricant d’environ 20 %.

Certains scooters acceptent deux batteries sous la selle, ce qui permet de doubler la distance parcourue sans recharger. C’est le cas, notamment, des modèles suivants :

  • Niu
  • Rose Mobility PinkStyle
  • Rose Mobility Pink Up

La batterie d’un scooter électrique

Le secteur a connu une véritable transformation : adieu les batteries au plomb, lourdes, peu performantes et polluantes. Désormais, la quasi-totalité des scooters électriques misent sur des batteries lithium, plus légères, endurantes et capables de tenir la distance. En moyenne, une batterie supporte 600 cycles de charge avant de perdre environ 20 % de sa capacité initiale. Avec 60 km par charge, cela représente 36 000 km au total, soit près de neuf années d’utilisation quotidienne pour des trajets de 8 km. Autant dire que la longévité n’est plus un souci immédiat.

La batterie constitue la part la plus chère de l’engin : elle pèse souvent plus de 30 % du prix total. Prenons un exemple concret : une batterie de rechange pour le NIU N1S coûte 1 400 € TTC, alors que le scooter équipé de sa batterie s’affiche à 2 900 € TTC. Compte tenu de la demande mondiale, la flambée des cours du lithium risque de rendre la note encore plus salée dans les années à venir.

La durée de vie de votre batterie dépendra largement de l’attention que vous lui portez. Voici quelques gestes à adopter pour la préserver :

  • Ne descendez jamais sous les 15 % de charge : en-dessous, la capacité de la batterie peut se dégrader plus vite.
  • Si le scooter reste inutilisé plus de 15 jours, débranchez la batterie et stockez-la chargée à moitié.
  • Entreposez-la dans un endroit tempéré, idéalement entre 10°C et 25°C.

La garantie d’un scooter électrique

Côté garantie, les fabricants de scooters électriques proposent des conditions comparables à celles des modèles thermiques : deux ans contre les défauts de fabrication. Avec moins de pièces mécaniques que leurs homologues à essence, environ trois fois moins, les risques de panne sont fortement réduits.

En cas de problème, après prise de contact avec le concessionnaire, la garantie couvre aussi bien la main-d’œuvre que les pièces défectueuses relevant d’un défaut de conception (moteur, tableau de bord, etc.). Certaines pièces restent exclues : pneus, plaquettes de frein, ampoules, roues et essieux sont considérés comme des éléments d’usure normale.

La batterie bénéficie, elle aussi, d’une garantie de deux ans, parfois assortie d’une limite de 600 cycles de charge. Cela représente jusqu’à 30 000 km parcourus, ce qui couvre largement deux ans d’utilisation classique.

Le coût au kilomètre d’un scooter électrique

Pour calculer le coût d’utilisation au kilomètre, mettons de côté le prix d’achat, l’équipement, l’assurance et l’entretien. Ce qui compte ici, c’est la consommation d’électricité nécessaire à la recharge de la batterie.

Le chiffre est sans appel : il faut compter environ 0,60 € pour parcourir 100 km (source). Sur une année, pour 5 000 km, soit un peu moins de 14 km par jour, la facture électrique s’élève à 30 €. Difficile de rivaliser, tous carburants confondus.

La puissance d’un scooter électrique

Un scooter électrique équivalent 50 cm³ développe généralement entre 1 000 et 4 000 watts. Ces modèles appartiennent à la catégorie « L1e », limités à 4 000 watts pour rester accessibles dès 14 ans, sans permis spécifique. Au-delà, l’engin passe dans la catégorie 125 cm³, nécessitant permis B et formation adaptée. Le moteur est le plus souvent intégré à la roue arrière, comme chez NIU.

Il existe deux notions à ne pas confondre : la puissance nominale et la puissance de crête (ou puissance « pic »).

La puissance « pic » est une valeur ponctuelle, atteinte sur une fraction de seconde lors d’une forte sollicitation (démarrage énergique ou montée abrupte). Par exemple, un moteur donné pour 1 500 W en puissance nominale peut grimper à 3 000 W sur une courte période. Mais cette valeur ne reflète pas le comportement au quotidien, car elle met à rude épreuve tous les composants.

En réalité, c’est la puissance nominale qui doit guider votre choix. Elle indique la capacité du moteur à fournir une puissance constante sur une durée prolongée (une vingtaine de minutes), dans des conditions standards : température tempérée, batterie stable, vitesse régulière.

Choisir son scooter électrique, c’est avant tout savoir où placer le curseur entre autonomie, puissance et budget. À l’arrivée, c’est la liberté de rouler qui l’emporte, sans bruit ni fumée, vers des trajets que l’on redécouvre chaque jour.

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